Traité des acouchemens : naturels, non naturels, et contre nature, expliqués dans un grand nombre d'observations & de réflexions sur l'art d'acoucher. / Par le Sr. de La Motte, chirurgien juré & acoucheur à Valognes.
- Guillaume Mauquest de La Motte
- Date:
- M.DCC.XXVI. [1726]
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Credit: Traité des acouchemens : naturels, non naturels, et contre nature, expliqués dans un grand nombre d'observations & de réflexions sur l'art d'acoucher. / Par le Sr. de La Motte, chirurgien juré & acoucheur à Valognes. Source: Wellcome Collection.
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![appendice. 725* coup plus de facilité que je ne pourois le faire , fi je lui donois le tems de s’avancer davantage. , . . ^ , n ,. ♦ ^ La Dame qui comprit où j’en voulois venir, me dit quelle netoit pas fur- prife démon difcours, mais puifque c’étoit une néceffité de mourir, qu’el¬ le me demandoit le tems de mettre ordre à fes afaires & #fa confcience, & qu’après jeferois ce que je trouverois à propos . Elle me demanda s’il y avoir longtems à foufrir, & fi une heure y fufirort ; je raffurai que l’acou- chement feroic fini en un demi quart d’heure. ]e difpofai cependant les cho- ‘fes néceiïaires , puis je fis coucher la malade dans la fituadon ordinaire, & la fis tenir par des perfones adroites. J’alai enfuite chercher les piez de l’Enfant , quej’atirai au dehors ; je le ’batifai, & le débaraflài du cordon qui, outre qu’il fortoit, corne je l’ai dit, lui fefoit encore deux circuits autour du cou, & terminai ainfi l’acouchement. Je délivrai après cela la Mère d’un fort gros ariére-faix : le tout, au dire du mari qui étoit préfent, ne dura qu’aprochant d’un miferere. La Mère 6c l’Enfant qui étoit une fil¬ le , fe portant bien , j’eus foin de les faire acomoder à propos l’une après l’autre ; 6c je puis dire que de toutes fes couches précédentes quoique na- tutelles , elle ne s’étoit pas fi bien portée que de celle-ci. Corne je ne qui- tai cette Dame qu’après que le lait fut entièrement paffé , j’en puis parler avec certitude. REFLEXION. Si Ton pouvoit faire quelque fond , & s’afTürcr fur les aparcnces les plus flateufcsd’un hcurcut acouchement, ç’auroit dû être de celui ci. La Dame que j’avois acouchée de fix autres acou- chemens toujours très heureus Sc naturels , 5c la tete de 1 Enfant qui fe ^refentoit au paflàgc d’une'manière à ne pas douter qu’il ne finit aufiî heureufement que les precedens, fut pour mof une furprife des plus étranges , lorfque je m’aperçus de ce changement inopiné , non par la crainte de la réuffite , mais par raport à l’efprit inquiet de la Dame, que je ne pouvois guérir de la peur. Je voulus, avant que de me mettre en devoir de lacoucher j que la Sage-Femme qui n’etoit pas mal-adroite , fût affurée par elle-même de la fituation extraordinaire de cet En¬ fant , 8c des parties qui s’opofoient à fe fprtîe ,• qui reconut corne moi que la tête étoit fort proche , mais que le coude fe préfentant au pafiTage , 8c le cordon de l’ombilic le devançant, il n’y avoit pas d’aparence que les fuites^d’un acouchement de cette nature puflènt être heureufes, fi la Mere n’étoit promtement fecourue. La tête fituée corne elle étoit, auroit pu venir dans la fuite , fupofë que la Dame eût eu des douleurs fortes Sc fréquentes , mais l’Enfant étoit d^s un danger évident de fe vie , puifqu’il feroit certainement mort au paflâge dès que fe tête Tau- roit exadîement ocupée , le cordon y étant déjà place , qui ctoit une raifon plus que fiififente d’avancer l’acouchement, quand le bras n auroit point été de la partie , qui feul en auroit im- pofé la néceffité, puifqu’il fefoit élever la tête d’une manière à ne fe pouvoir abfelument placer au pafiTage , 8c en rifque quand elle y auroit été placée de la manière que M. Mauriceau l’enfei- gne , 8c que je n’ai jamais téntée par les rations que j’ai dites ailleurs, d y refter plutôt que de mfiTer en avant , par l’obA^cle que l’Enfent y auroit toujours formé , quelque précaution que i’euflfe pu prendre à le repoufiTer., Ces raifens me déterminèrent à finir l’acouchement pour feu- ver la vie à l’Enfant , qui par ce fecours fut tiré de ce danger évident, 8c la Mère de fen in» quiétude , en moins de tems qu’il n’en faut pour réciter \tmiferere. r jt J’eus loin de batifer l’Enfant, ce que je ne manque jamais de faire , quelques heureules dit- pofitions que je trouve à finir l’acouchement. Je batife toujours l’Enfànt lur la première partie que je puis atirer au dehors , pour me tirer d’une inquiétude fondée fur la perte eternelle d’une ame , qui eft une chofe d’une conféquence fi terrible , qu’on ne doit jamais la rifquer , quand l’adreflè de l’Acoucheur peut lui fournir le moyen d’y réuflir, corne je k fis en cette ocafion 8c](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b3041815x_0753.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


