De l'acide phénique et de ses applications thérapeutiques / par Ernest Labbée.
- Labbée, Ernest.
- Date:
- 1871
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Credit: De l'acide phénique et de ses applications thérapeutiques / par Ernest Labbée. Source: Wellcome Collection.
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![jouterai que si les mouvements réflexes sont diminués, ils ne sontpas abolis. La section du bulbe s’oppose au développement des convulsions et quand celles-ci existent elle les arrête très-vite. En détruisant l’encé- phale, mêmes effets. Et cependant le cœur continue de battre et de fonctionner, il suffit donc à l’absorption. Si, au lieu de détruire l’encéphale, on n'enlève que les hémisphères et les lobes optiques, l’hyperesthésie et les actes convulsifs restent les mômes, mais affaiblis probablement à cause do l’hémorrhagie qui en est la conséquence. Si 1 on détruit les hémisphères, les lobes optiques et la plus grande partie de la moelle, en ne laissant subsister par conséquent que le cervelet, le bulbe et un tronçon de moelle, les convulsions se montrent dans les parties soumises à l’influence du tronçon mé- dullaire. La ligature des vaisseaux d’un membre n’empèche pas les convul- sions dans ce membre. Même résultat négatif si on lie l’une quel- conque des divisions de l’aorte, le bulbe aortique ou le ventricule, c’est-à-dire que les accès éclamptiques apparaissent violents et pro- longés. Une grenouille chloroformée n’a pas de convulsions lorsqu’on lui injecte de l’acide phénique, mais elle meurt, alors même que les doses des deux agents n’étaiert pas toxiques isolément. Le chloroforme arrête les spasmes. Mômes observations, lorsqu’au lieu de ce dernier médicament on emploie l'hydrate de chloral. J’ai vu une grenouille résister à une double injection de Ogr. 015 milligr. de chloral, de 0 gr. 004 d’acide phéni ]ue. Elle est restée insensible et comme morte pendant plus de douze heures. Elle a offert quelques phénomènes réflexes dans les dernières heures avant de se rétablir. Le chloral arrête très-vite les manifestations convulsives au moment de leur maximum d’intensité. Est-ce le contre-poison de l’acide phénique, ou inversement ce der- nier peut-il neutraliser les effets toxiques du chloral? Non. Quand la dose de l’un ou l’autre poison est toxique, l’animal meurt plus vite lorsqu’on le traite par l’antagoniste. Donc, s’il y a effet opposé, l’an- tagonisme est fort restreint, et l’on peut dire que les propriétés nui- sibles s’ajoutent au lieu de se contrarier. En synthétisant les faits précédents, on peut établir en théorie générale que l’acide phénique est un poison du système nerveux, assertion déjà émise par Lemaire autrefois, et plus récemment par Neumann , de Vienne (Archiv. fur dermat. und syph., 4869). J’ajoute qu’il est convulsivant, non pas à l’égal de la strychnine, mais dans des limites qui, quoique plus restreintes, sont très-accusées. Il donne des convulsions plutôt éclamptiques ou épileptiformes que télaniques. 11 agit sur les centres nerveux, principalement sur l’isthme de l’encé-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22347574_0020.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


