L'hygiène prophylactique : microbes, ptomaines, désinfection, isolement, vaccinations et législation / par le Docteur Dujardin-Beaumetz.
- Georges Octave Dujardin-Beaumetz
- Date:
- 1889
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Credit: L'hygiène prophylactique : microbes, ptomaines, désinfection, isolement, vaccinations et législation / par le Docteur Dujardin-Beaumetz. Source: Wellcome Collection.
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![phénomènes ne seront peut-être jamais bien compris sans une connaissance approfondie delà théorie des fermentations. » Ces paroles mémorables trouvent leur entière confirmation dans l’histoire de la découverte des micro-organismes. Apres ses beaux travaux sur les acides tartrique* et paratartrique, Pasteur, à l’tàge de trente-deux ans, était nommé doyen de la Faculté des sciences de Lille. Dans ce pays où la production des alcools joue un rôle industriel si important, Pasteur pensa inté- resser son auditoire en faisant des fermentations l’objet de son cours. Des La théorie de Liebig était alors triomphante et cette théorie f<e™desS était admise sans conteste et sans discussion. Pour Liebig et fermentations. son école, ]e ferment était une substance albuminoïde plus ou moins altérée qui agissait par contact sur les substances liquides ou solides et permettait leur fermentation. Ces substances jouis- saient d’une force spéciale dite force catalytique ou de présence qui leur permettait d’agir sans perdre de leur activité. Gagniart de Latour avait bien constaté que la levure de bière était constituée par un organisme se multipliant par bourgeon- nement et il s’était demandé, sans résoudre toutefois la question, si cette végétation n’était pas en rapport avec la fermentation. Liebig, tout en reconnaissant l’existence de ces organismes, montra que s’ils jouaient un rôle dans cette fermentation, c’était les portions qui avaient cessé de vivre auxquelles pouvaient être attribuées ces propriétés, comme à toute substance albuminoïde en voie de décomposition. Pasteur résout le problème et montre que la fermentation est en rapport direct avec le développement de ces organismes et qu’il suffit d’empêcher leur reproduction pour s’opposer à la fer- mentation. Il multiplie de toutes façons ses preuves démonstra- tives, et pour saper la théorie de Liebig par sa base, il détermine la fermentation dans un milieu minéral où les substances albu- minoïdes font absolument défaut. Puis il approfondit ce problème et en montre toute l’étendue en découvrant que chaque fermentation a son organisme spé- cial. C’est ainsi qu’il découvre la fermentation acétique, le fer- ment de l’acide lactique, puis celui de l’acide butyrique, décou- vertes qui devaient en entraîner d’autres encore plus importantes. Le ferment butyrique, le bacillus amylobacter, montre en effet à Pasteur que certains de ces organismes peuvent vivre sans air](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28100700_0018.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


