L'Athéisme du dix-neuvième siècle : devant l'historie, la philosophie médicale et l'humanité / par Évariste Bertulus.
- Bertulus, Évariste.
- Date:
- 1869
Licence: Public Domain Mark
Credit: L'Athéisme du dix-neuvième siècle : devant l'historie, la philosophie médicale et l'humanité / par Évariste Bertulus. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by The University of Glasgow Library. The original may be consulted at The University of Glasgow Library.
528/542 page 512
![51^2 PIÈCES faire un crime de protester contre une philosophie (celle de l'École de Paris ) qui explique logiquement l'amour par une transformation chimique et le dévouement par une habitude organique, qui con- vertira nécessairement les autels en table de dissection et rempla- cera le tabernacle par un calorimètre surmonté d'un microscope.] «Vous le voyez, mon cher ami, continue M. Jeannel, la Faculté de Paris reste sans défense contre quiconque l'ose désigner à l'opinion publique comme éminemment dangereuse pour la jeunesse, comme compromettante au plus haut degré pour l'autorité publique dont elle est émanée, et pour la nation qui l'entretient. » Ce dont je me plains, ce n'est pas que Messieurs tel ou tel enseignent que (a matière est tout; que l'équivalent mécanique de la chaleur rend compte aussi bien du va-et-vient d'un piston que de ce que j'écris en ce moment ; que l'homme est une résultante sans libre arbitre et sans responsabilité, etc. Je sais bien que le matérialisme menaçant l'ordre social révoltera toujours la conscience de l'humanité; — ce dont je me plains, c'est que cela soit enseigné offîciciellement, sous le cou- vert de l'autorité publique. » L'idéal que je poursuis, sans espérer de jamais l'atteindre, c'est que chacun puisse enseigner librement tout ce qu'il sait et tout ce qu'il croit, à condition de respecter l'ordre public, c'est-à-dire la liberté des autres. Ce dont je me plains, c'est que des vieilleries cent fois condamnées, et qui concluent logiquement à l'abolition du droit et à la siiprémalie de la force brutale, soient renouvelées à mes frais et aux vôtres, aux frais du public au nom du Gouvernement, et qu'il soit obligatoire pour nos enfants de se réunir dans un amphi- théâtre où elles sont imposées aux professeurs, acceptées et pro- clamées par eux. Voilà ce qui révolte en moi le sentiment de la jus- tice, voilà ce que je blâme de toute mon énergie et ce que je dénonce au bon sens de mes concitoyens. j> Ah ! si, par impossible, la Faculté de médecine de Paris avait assez d'induence pour maintenir l'enseignement qu'elle vient d'inau- gurer ou plutôt de démasquer, et s'il est aujourd'hui passé outre à mes protestations, je demande à prendre date; et lorsque la société se réveillera pour mauilire ces doctrines qui pervertissent la con- science InniKiine, en détruisant la notion de la solidarité et du devoir,](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21450833_0528.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


