Le choléra en Europe depuis son origine jusqu'à nos jours : en rapport avec les doctrines courantes relatives à son étiologie et à sa prophylaxie; études épidémiologiques / [Philippe Hauser].
- Felipe Hauser y Kobler
- Date:
- 1897
Licence: Public Domain Mark
Credit: Le choléra en Europe depuis son origine jusqu'à nos jours : en rapport avec les doctrines courantes relatives à son étiologie et à sa prophylaxie; études épidémiologiques / [Philippe Hauser]. Source: Wellcome Collection.
548/572 (page 524)
![Iigène. Au contraire, le sol doué d’une imperméabilité complète est réfractaire a la multiplication du germe cholérique. C’est un fait acquis par les observations recueillies dans toutes les épidé- mies de choléra qui ont ravagé l’Europe depuis 1830. Si nous ne considérons que les localités restées indemnes en France, Versailles est bâtie sur un sol sablonneux qui recouvre à peu de profondeur une couche de marnes imperméables et les fonda- tions de ses maisons reposent sur cette couche (Arnould). Quant a Lyon, l’ijnmunité de cette ville a d’autant plus attiré l’atten- tion qu’il s agit d’une ville d’à peu près 500.000 habitants, située entre deux grands lleuves, le Rhône et la Saône, et par consé- (luent humide; de plus, c’est une ville industrielle et de mau- vaises conditions hygiéniques à cause de l’encombrement produit par une population ouvrière nombreuse. Il s’agit enfin d’une ville essentiellement commerciale qui entretient des communi- cations journalières et fréquentes avec tous les grands centres de population de France, dont le plus grand nombre furent contaminés par l’épidémie, tels que Paris, Marseille, Bordeaux. Néanmoins, il y a des quartiers qui sont restés toujours indemnes, tandis que d’autres furent éprouvés par l’épidémie. 11 arrive que les premiers reposent sur un rocher de granit, soit directe- ment, soit par l’intermédiaire d’une petite couche d’argile inter- posée, tels sont : Croix-Rousse, Fourvière et Saint-Just ; tandis que les derniers reposent sur un terrain d’alluvions, comme Perrache, La Guillotière, les Brotteaux et Vaise, lesquels furent assez éprouvés par l’épidémie en 1854, époque à laquelle le Rhône descendit à l’un des niveaux les ])lus Ijas qu’on ait vus depuis 40 ans. Les idées de M. Pettenkofer, basées sur des faits incontes- tables, ne tardèrent pas à trouver un grand nombre d’adeptes parmi les hygiénistes de tous les pays et restèrent longtemps en vogue, surtout en Allemagne. Ce n’est que depuis que les doctrines bactériologistes commencèrent à gagner du terrain dans les sciences naturelles et à former la base et la voûte de la médecine moderne, que M. Koch, à la suite de ses études approfondies sur le choléra, faites dans l’Egypte et dans l’Inde même, et, en 1884, à Marseille, s’est érigé comme défenseur de la doctrine de l’eau potable, considérant celle-ci comme véhicule unique de l’agent propagateur du choléra. La grande autorité de M, Koch comme bactériologiste et sa grande habi- leté de polémiste dans sa discussion avec M. Pettenkofer,](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24862691_0548.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)