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Credit: Proc de Madame Lafarge : empoisonnement. Source: Wellcome Collection.
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![vous Clémentine Serva, autre accusée ; j'ai eu tort de dire que je la défendrais, elle se défendra elle-même : elle aussi a fait son petit plaidoyer épistolaire : elle adresse une lettre à Françoise Taté, vieille gouvernante qu'elle a connue chez M. Collard: « Glandier, 2 janvier. « Cbèi'e bonne madame, « C'est avec bien du plaisir que je viens causer avec vous, en venant vous donner des nouvelles assez bonnes, quoique Madame est toujours un peu souffrante, plut autant qu'elle l'était ces jours derniers. Vous ne doutez pas combien ça me rend triste quand je la vois souffrir: avec ça, elle est toujours si bonne malgré qu'elle souffre. Il n'yen a pas beaucoup comme elle, il faut l'avouer. De- puis que Monsieur est parti, je couche toujours à côté d'elle; il faut vous dire, Madame, qu'elle passe des nuits entières sans pou- voir dormir. N'est-ce pas odieux ? ]\ous ne nous couchons pas à bonne heure par cette raison là. Ce qui finit par nous tranquilliser un peu, c'est que Madame croit qu'elle est enceinte ; alors ce n'est pas aussi inquiétant. Elle est un peu ennuyée. « On attendait Monsieur pour le premier jour de l'an et il pa- raît que ses affaires n'étaient pas encore terminées ; c'est bien sûr cela qui l'aura empêché. Vous ne pouvez pas vous figurer à quel point il aime Madame. Croiriez-vous qu'il faut vous dire qu'il voulait revenir sans que ce soit fini ; mais Madame l'a empêché. Ce soir, bonne madame, je vous écris dans l'enchantement d'en- tendre Madame chanter aussi bien avec son joli piano. C'est l'ad- miratâon de tout le monde qui vient la voir ; et toutes lés per- sonnes qui font connaissance de madame la trouvent charmante. Dans le fait, j'ai déjà bien voyagé avec madame, <et jen'en ai pas vu nue comme elle ; toutes les dames du^Limousin que je connais ne sont pas moitié aussi bien que madame. C'est toujours madame la mieux mise, quand elle va au bal quelque part. Je suis madame partout, quand elle est pour rester quelques jours; quand elle va rendre des visites, que monsieur n'y est pas, c'est Alfred qui suit madame: il est joliment enchanté, lui qui aime tant monter à cheval. « Je veux bien vous parler de ce qui doit bien vous intéresser encore, je pense ; c'est la forge ; c'est si joli, c'est tout ce qu'il y a de plus joli à Glandier pour le moment. Mais, par la suite, la maison deviendra plus jolie aussi, c'est une vieille maison qui a besoin de bien des réparations, mais, par la suite, si la forge va](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21073144_0451.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)