Volume 1
Traité élémentaire de pathologie externe / E. Follin.
- Follin, François Eugene.
- Date:
- 1861-1888
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traité élémentaire de pathologie externe / E. Follin. Source: Wellcome Collection.
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![d’un autre ordre. Il frictionnait trois ou quatre fois par jour la face interne des joues, aux environs du conduit de Stéhon, avec 0,02 ou 0,05 grammes de calomel. Plus tard, craignant la déglutition de ce médicament, il pra- tiqua les frictions sur les gencives et à la face muqueuse des lèvres. 11 défendait au malade de cracher, d’avaler et de boire pendant une demi- heure après chaque friction, et il l’engageait à faire usage, trois ou quatre fois par jour, comme dentifrice, d’un mélange de mercure doux et de bol d’Arménie. Cet auteur croyait que 8 grains de calomel pris par ce procédé correspondaient à 48 grains d’onguent mercuriel en onctions cutanées. La méthode de Clare n’a pu obtenir en France une grande faveur; ce- pendant Urachet (de Lyon) l’a conseillée en lui faisant subir toutefois quel- ques modifications. Ce n’est plus le doigt qui va faire les onctions : Brachet conseille de placer le médicament sur la langue, qui va opérer elle-même la friction contre le palais. Les frictions glosso-palatines se font malin et soir. Ces différentes méthodes n’ont guère qu’un intérêt historique, et au- jourd’hui on emploie peu en France les onctions mercurielles; on réserve ce mode d’administration pour certains cas spéciaux : chez les enfants, par exemple, il n’en est pas de même, avons-nous dit, à l’étranger, et par- ticulièrement en Allemagne. Bàrensprung (de Berlin) (1) dit que les onctions produisent une action plus sûre et plus prompte que toutes les autres médications mercurielles. Il avoue cependant qu’elles ont l’inconvénient de produire une saliva- tion trop intense. Selon lui, l’efficacité de l’onguent gris tient à la quantité d’oxydule qu’il renferme : celui-ci est en partie libre, en partie combiné avec un acide sébacique ; l’oxydule sébacique entre avec la graisse en excès par la peau et les muqueuses dans le sang, et produit ainsi promptement une action mercurielle générale. Quelle que soit la valeur de la théorie, la méthode des frictions a repris quelque faveur aujourd’hui en Allemagne, surtout par l’influence de Sigmund (de Vienne), dont nous allons maintenant faire connaître la pratique générale pour les onctions mercurielles. C’est en 1859 que ce médecin (2) a publié le résultat général de ses re- cherches sur ce mode de traitement dont il se sert exclusivement depuis dix-huit ans, pour cinq cents malades environ par année. Ce traitement comprend trois temps : 1° la préparation des malades, 2 les frictions, 3° le traitement apres les frictions. 1° La préparation des malades dure de six à dix jours. On cherche à régulariser le régime, à écarter ou à modifier diverses affections, comme les lièvres, les diarrhées, et surtout les affections des gencives. On rend (1) Annalcn des Charité kranjeenhauses, -1838, vol. VII, p. 2. (2) Die Enrcibnngscur mil grauer Salbc bei Syphilisfnrmen [Des onctions avec l’onguent gris comme cure des formes syphilitiques], 2e édition. Vienne, 1859, in-8.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28119770_0001_0761.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)