Volume 1
Traité élémentaire de pathologie externe / E. Follin.
- Follin, François Eugene.
- Date:
- 1861-1888
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traité élémentaire de pathologie externe / E. Follin. Source: Wellcome Collection.
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![tombent en détritus muqueux et onctueux; dans les muscles de la vie animale, la couleur rouge se perd, les faisceaux primitifs et ensuite les fibres se détruisent, enfin les fibres transversales disparaissent complète- ment. Le tissu cellulaire, le tissu nerveux, les cartilages, etc., subissent aussi quelques modifications dans les tissus gangrenés, mais ces changements ne sont pas assez nettement indiqués pour mériter une mention détaillée. La gangrène établie, on constate tantôt une extension du mal, tantôt sa limitation. Lorsque le sphacèle est limité, il survient à son pourtour une série de phénomènes qui contribuent à l’élimination de l’eschare. Cette période de la gangrène est désignée sous le nom d’inflammation éiimina- trice ou d’absorption disjonctive. Étudions-en tous les détails. On remarque d’abord à la circonférence de la partie morte un léger mouvement fluxion- naire; les tissus se gonflent et s’échauffent; l’eschare reste déprimée, et une zone d’un rouge plus ou moins vif indique la limite précise entre le mort et le vif. Ce cercle rouge s’arrête brusquement au niveau de l’es- chare, mais du côté des parties saines il s’éteint peu à peu ; sa largeur est donc variable. C’est, en général, du troisième au quatrième jour après la formation de l’eschare, que ce cercle inflammatoire s’établit; vers le sixième jour, quelquefois plus tôt, on constate, entre l’eschare et la zone rouge, des scissures qui, se réunissant les unes aux autres, finissent par constituer un sillon qui chaque jour se creuse au-dessous de la partie mortifiée. D’abord taillé à pic au niveau de la peau, ce sillon prend une inclinaison variable suivant la profondeur de l’eschare, qui se trouve peu à peu séparée des parties vivantes; elle tombe, et à sa place] on remarque une surface rouge, granuleuse, d’un rouge vif, qui va suffire à la cicatrisa- tion. Cette séparation des parties s’opère, en général, du douzième au quinzième jour, mais c’est chose assez fréquente de la voir en retard. Ainsi les tissus fibreux ou osseux se séparent bien plus lentement que la peau ; certains caustiques donnent lieu à des eschares qui ne se détachent qu’avec lenteur. Nous avons pu souvent constater, pendant un service temporaire que nous fîmes à l’hôpital du Midi, combien les eschares produites par l'acide nitrique monohydraté étaient sèches, dures, et d’une élimination lente. Parfois la cicatrisation s’établissait au-dessous de l’eschare, dont la chute laissait voir une cicatrice déjà complète. Pendant tout le temps que dure l’élimination des eschares, du pus souvent sanieux et fétide est sécrété dans le sillon. L’élimination des eschares sèches se produit, en général, d’une seule pièce; mais si la gangrène est humide, les parties se séparent sous forme de détritus pultacé. La sécrétion de lymphe plastique qui préside à l’organisation delà mem- brane granuleuse au-dessous des eschares joue dans les gangrènes un rôle fort important. C’est cette sécrétion qui obture les conduits vasculaires détruits par le sphacèle, et empêche, dans certains cas, l’ouverture des cavités séreuses quand la gangrené se développe dans leur voisinage. Il ne faut pas, toutefois, compter d’une façon absolue sur cette sécrétion plas-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28119770_0001_0098.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
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